Définition
Procédure spatiale et morphologique consistant à réassembler physiquement des fragments (conjonction) pour reconstruire la géométrie originelle d’un objet, les séquences de réduction ou de production et les positions relatives des pièces, informant ainsi sur la technologie et les processus de formation du site.
Principe
Principe
Les raccords physiques entre fragments enregistrent des relations de production ou de dépôt contiguës ; reconstituer ces raccords permet de révéler la séquence, l’agencement spatial originel et les mécanismes de déplacement ou de perturbation.
Démonstration
Démonstration
Situation : un éparpillement de débitages lithiques dans un quadrat. Reconnaissance : plusieurs éclats présentent plateformes et cassures concordantes. Action : l’équipe réassemble les éclats pour reconstruire la séquence de réduction du nucleus et l’orientation approximative du débitage. Conséquence : le réassemblage établit un débitage in situ et quantifie la dispersion post‑dépositionnelle, affinant l’interprétation de l’emplacement d’activité et de la taphonomie.
Mauvaise application
Mauvaise application
Conclure que l’impossibilité de réassembler des artefacts entre deux loci prouve qu’ils proviennent d’objets ou d’événements distincts sans tenir compte des pertes d’échantillonnage, du prélèvement ou de la conservation sélective ; l’erreur consiste à inférer l’absence à partir de la non‑récupération plutôt que d’un désaccord démontré.
Conséquence
Conséquence
Le réassemblage peut ancrer des inférences typologiques et technologiques dans des preuves physiques, tester l’intégrité stratigraphique et distinguer contextes primaires et redéposés ; il met aussi en lumière les limites de la cohérence de l’assemblage et les biais d’échantillonnage.
Inversion
Inversion
Dans des contextes marqués par des prélèvements importants, l’érosion ou l’absence d’une large part de l’objet originel, le réassemblage peut être impossible ou conduire à des conclusions erronées ; de plus, réassembler certaines classes (par ex. céramiques très fragmentées avec récupération lacunaire) peut surestimer la complétude originelle.
Limite
Limite
Clairement dans : conjonction physique d’éclats lithiques, tessons cérami- ques ou objets fracturés produisant des raccords non ambigus. Cas limite : reconstitutions partielles reposant sur critères métriques et technologiques plutôt que sur des raccords physiques exacts. Clairement hors : groupements typologiques ou appariement d’attributs statistiques qui regroupent par similarité sans réassemblage physique.
Tension sémantique
Tension sémantique
Tension entre les stratégies d’excavation (rapidité, ouverture de blocs, tamisage) et l’exigence méthodologique d’un recouvrement et d’un contrôle spatial suffisants pour permettre les réassemblages ; un prélèvement efficace peut réduire les preuves réassemblables.
Synthèse
Synthèse
Le réassemblage d’artéfacts établit des liens empiriques directs entre fragments qui fondent les inférences technologiques et spatiales, mais sa portée explicative dépend de l’exhaustivité de la récupération et de la conservation des surfaces raccordables.