Définition
Le nombre entier minimal d'organismes distincts qui doivent être présents pour rendre compte de tous les éléments squelettiques identifiés dans un assemblage faunique, déterminé en comptant la fréquence maximale d'un élément diagnostic identique ou d'une combinaison de traits non duplicables.
Principe
Principe
Le MNI fournit une borne inférieure conservative en retenant la fréquence maximale d'un élément ou trait identifiant de façon unique (par exemple le plus grand nombre entre humérus gauche, humérus droit ou marqueurs d'âge/sexes) plutôt qu'en sommant des spécimens potentiellement redondants.
Démonstration
Démonstration
Scénario illustratif : un assemblage contient 7 humérus gauches et 5 humérus droits attribuables au taxon B, plus des éléments non latéralisables. Reconnaissance : l'identification du côté et de l'élément est cohérente. Action : calculer MNI = max(7 humérus gauches, 5 humérus droits) = 7. Conséquence : on rapporte qu'au moins sept individus du taxon B sont présents ; cette borne inférieure informe sur la présence minimale sans affirmer la taille exacte de la population.
Mauvaise application
Mauvaise application
Utiliser le MNI comme décompte exact des individus présents lors du dépôt ou au cours d'un épisode d'occupation ignore l'interpénétration des contextes, la moyennisation temporelle et la perte d'éléments ; traiter le MNI comme estimation démographique confond une borne méthodologique minimale avec une réalité démographique.
Conséquence
Conséquence
L'emploi approprié du MNI établit des comptages minimaux défendables pour la présence/absence et des inférences démographiques basiques ; son usage abusif comme métrique absolue peut sous-estimer l'abondance et biaiser les interprétations de l'intensité de chasse, des profils de mortalité ou de la dominance taxonomique.
Inversion
Inversion
Quand les squelettes sont articulés, peu perturbés, ou quand la provenience des éléments est temporellement contraignable, le MNI peut approcher le nombre réel d'individus ; inversement, dans des contextes fortement moyennisés ou comminglés, le MNI peut sous-représenter les individus réels sauf si une séparation stratigraphique est appliquée.
Limite
Limite
Clairement à l'intérieur : obtenir un compte conservateur en identifiant et en comptant l'élément ou le trait unique le plus fréquent par taxon dans un assemblage. Cas limite : quand des marqueurs d'âge/sexes ou des traits pathologiques servent à différencier les individus — l'accord sur les critères diagnostiques affecte le MNI. Clairement à l'extérieur : utiliser le MNI pour inférer la taille instantanée d'une population, la biomasse ou une structure démographique précise sans données supplémentaires.
Tension sémantique
Tension sémantique
MNI ↔ NISP : le MNI échange résolution contre conservatisme (borne minimale d'individus), tandis que le NISP échange conservatisme contre granularité (nombre de spécimens identifiables) ; le choix de l'un ou l'autre restreint les inférences justifiables.
Synthèse
Synthèse
Le MNI est un estimateur méthodologiquement conservateur qui évite le double-comptage en se concentrant sur la fréquence maximale d'éléments identifiants ; il est le plus informatif lorsqu'il est rapporté conjointement au NISP, avec contrôle stratigraphique et contexte taphonomique.